Mon souvenir de Super Bowl : Indianapolis Colts vs. New Orleans Saints – Super Bowl XLIV

(Crédits : Getty Images) Chris Reis des Saints récupère la balle devant Hank Baskett des Colts pour débuter la seconde mi-temps du Super Bowl XLIV

Dans la mémoire de tout fan il existe un moment où l’on souhaite que le destin eusse pris un autre chemin. Pour moi, fan des Colts d’Indianapolis, ce moment remonte au 7 février 2010, jour du Super Bowl XLIV et jour de gloire pour les Saints de la Nouvelle-Orléans.

Un rendez-vous attendu

Cette saison 2009 en NFL fut d’abord marquée avant même qu’elle ne commence par le retour de Brett Favre. Le quarterback légende des Packers avait décidé de prendre sa retraite, un an après avoir été tradé aux Jets. Mais cette retraite fut donc de courte durée pour le futur Hall of Famer qui décide de rejoindre l’ennemi juré de Green Bay, les Minnesota Vikings.

L’autre quarterback à revenir dans la ligue c’est l’ancien Falcon et pick #1 de la draft 2001, Michael Vick. Ce dernier vient de purger une peine de prison de deux ans pour avoir organisé des combats de chien chez lui. Il signe alors un contrat d’un an chez les Philadelphia Eagles où Donovan McNabb est alors encore à la manœuvre.

Enfin l’avant-saison est également marquée par l’échange effectué entre les Denver Broncos et les Chicago Bears autour de Jay Cutler. Le reste de l’histoire est bien connu.

La saison elle-même sera menée à cadence forcée par les deux protagonistes finaux de ce Super Bowl XLIV. Les Saints en effet ne perdront pas un match avant la semaine 14 et la rencontre face aux Dallas Cowboys. Pour les Colts, la première défaite interviendra même une semaine plus tard, face aux New York Jets.

La décision du HC des Colts Jim Caldwell de mettre au repos les titulaires pendant les deux dernières semaines de la saison sera pendant longtemps un regret pour les fans de la franchise qui espéraient pouvoir être les premiers depuis les Dolphins de 1972 à se targuer d’une saison parfaite.

En arrivant au Super Bowl les deux franchises ont donc un bilan respectif de 16-2 et 15-3. Le duel attendu entre les deux meilleures équipes de la saison régulière aura bien lieu.

Deux équipes similaires

Alors que les Colts avaient donc perdu leurs deux derniers matchs de la saison régulière, New Orleans devient la première franchise de NFL à atteindre le Super Bowl après avoir perdu les trois derniers matchs de sa propre saison régulière.

Outre cette similitude dans le déroulement de la saison, c’est la construction des effectifs qui rapproche les deux franchises.

Deux très bons quarterbacks, Drew Brees et Peyton Manning, avec des joueurs solides sans être spectaculaires aux skill positions. Selon Football Outsiders, l’attaque des Saints est ainsi classée deuxième en DVOA cette saison-là, celle des Colts est sixième. Pour ce qui est des défenses, les deux équipes sont classées respectivement seizième et dix-septième.

Reggie Wayne pour les Colts et Reggie Bush pour les Saints sont alors les deux têtes d’affiche de leurs équipes.

Malgré ces similitudes dans la manière dont ces équipes sont construites, les coachs sont en revanche très différents.

Jim Caldwell était en 2009 dans sa première année en tant que head coach, ayant pris la succession de Tony Dungy. Ce dernier avait réussi à emmener les Colts à une victoire au Super Bowl trois ans plus tôt. Jim Caldwell était auparavant le coordinateur offensif des Colts. Ou plutôt le coordinateur offensif adjoint si l’on considère Peyton Manning.

Du côté des Saints, Sean Payton est alors à la tête de la franchise de NFC South depuis 4 saisons. Sa première saison en 2006 les avait emmenés jusqu’aux portes du même Super Bowl que les Colts gagnèrent, aux dépens des Bears.

L’avant-match

La semaine menant au Super Bowl XLIV, les Colts sont favoris de 5 points. Mais je ne suis personnellement pas vraiment rassuré. Il faut dire que je suis alors fan de cette équipe depuis 3 ans. Concrètement, depuis la saison qui a vu Peyton Manning soulever le Lombardi Trophy pour la première fois de sa carrière. Et en 3 ans j’ai déjà pu assister à certaines désillusions, nommément deux défaites en deux saisons consécutives contre les Chargers en playoffs.  Et cette équipe des Saints je la sens à ce moment-là tout à fait capable de gagner.

Avant le match, je demeure tout de même confiant. Les Colts jouent d’ailleurs dans le même stade que celui de leur victoire au Super Bowl XLI, le Sun Life Stadium de Miami.

J’ai même invité chez moi des amis néophytes et amateurs de football américain dont un fan des Saints. Première erreur.

Car si je peux conseiller une chose aux fans des Eagles qui n’ont jamais vu leur équipe jouer dans un Super Bowl, c’est de n’avoir personne à côté de soi pour vivre un évènement aussi éprouvant pour les nerfs, à moins que l’autre soit également fan des Eagles. Car si le résultat final est une victoire, le partage des émotions sera relativement limité. Si le résultat final est en revanche une défaite, vous pouvez être sûr que cela ne vous sera pas épargné.

Les fans des Patriots n’auront eux pas besoin de mes conseils j’en suis sûr.

La première mi-temps

Lorsque ce Super Bowl XLIV débute, très rapidement je suis plutôt rassuré sur l’implication de “mes” Colts. Sur le premier drive des Saints, la défense d’Indianapolis parvient à forcer un 3-and-out. Les Colts sont donc les premiers à marquer, grâce à un field goal de Stover. Adam Vinatieri n’est alors pas le kicker des Colts, blessé depuis le début de la saison.

Les Saints devront se contenter de punter encore une fois avant que Peyton Manning n’orchestre un drive de 96 yards (un record égalé lors d’un Super Bowl) avec un Joseph Addai en feu. Pierre Garçon réceptionnera le premier TD du match pour porter l’écart à 10-0 en faveur des Colts.

Je commence alors à me relaxer, me disant que finalement je n’avais pas vraiment à m’inquiéter. Mais le deuxième quart-temps sera en faveur des Saints qui s’ils ne marquent pas de TD parviennent à marquer 6 points et surtout à ne pas laisser partir les Colts devant. Ils ne concèderont ainsi aucun point dans ce quart-temps.

A la mi-temps, le score est de 10-6. Malgré la réduction de l’écart, les Colts semblent contrôler les débats grâce un Peyton Manning qui ne commet pas d’erreurs.

Pour ce qui est du divertissement, je me considérais chanceux puisque The Who avait été le groupe choisi pour ce show de la mi-temps. Roger Daltrey et sa bande font en effet partie de mes groupes préférés. Mais une performance plutôt insipide serait finalement le reflet du résultat final pour moi.

(Crédits : Kevin Mazur – WireImage) The Who performe lors du show de la mi-temps du Super Bowl XLIV

La deuxième mi-temps

Les Saints ayant reçu en premier la balle, les Colts devaient donc recevoir pour débuter le troisième acte. Enfin ça, c’était en théorie.

Car Sean Payton opère alors l’un des plus grands coups de poker de l’histoire des Super Bowls.

Jamais un onside kick n’avait ainsi été réalisé avant le quatrième quart-temps d’un Super Bowl. C’est pourtant ce que décide d’appeler Payton pour tenter de renverser la vapeur dans ce match.

Thomas Morstead, le punter rookie chargé des engagements racontera après le match qu’il était pétrifié lorsque Sean Payton lui avait dit dans les vestiaires d’effectuer cet onside kick.

Mais son coup de pied est très bien effectué. Après avoir parcouru 15 yards, la balle rebondit sur la poitrine du receveur Hank Baskett, une mêlée ouverte s’ensuit, et Chris Reis des Saints récupère la balle.

La face de la rencontre en sera changée. Drew Brees réussit cinq passes consécutives et avec une passe de 16 yards envoie Pierre Thomas dans la endzone. Les Saints passent pour la première fois du match devant, et je ne suis plus aussi serein que vingt minutes auparavant.

Cependant les Colts répondent immédiatement et reprennent la tête avec un touchdown d’Addai au sol.

Le dernier quart-temps commence dans une atmosphère étouffante avec seulement un point d’avance pour Indianapolis. Un long drive mené par Drew Brees et conclu par une passe au TE Jeremy Schockey. Plutôt que de se satisfaire d’une avance de 6 points, Sean Payton prend la décision alors de tenter la conversion à deux points. Après avoir revu l’action, les arbitres accordent les deux points à Lance Moore, les Saints mènent 24 à 17.

On pourrait résumer mon état dans le canapé au mot liquéfaction mais j’ai alors encore espoir.

Hélas, très rapidement cette lueur d’espoir sera éteinte. Puisque Peyton Manning commettra sa première véritable erreur du match en lançant une passe interceptée par Tracy Porter. Ce dernier retournera l’interception pour 74 yards et un touchdown qui porte le score à 31-17. Ce sera le score final.

L’après-match

Le match se terminera quelques minutes plus tard. Dans la morosité pour moi, l’exaltation pour mon ami fan des Saints qui aurait pu vite se retrouver dehors si je n’avais pas fait preuve d’une magnanimité sans bornes. C’est en tout cas ce que je me raconte à moi-même.

J’ai choisi ce Super Bowl XLIV plutôt le XLI qui avait vu les Colts triompher pour la première fois depuis leur déménagement à Indianapolis depuis Baltimore pour deux raisons. Tout d’abord, ma connaissance du football américain au moment de ce Super Bowl XLI était bien trop maigre pour me rendre compte de l’importance du match. Ensuite, car même si ce Super Bowl XLIV est loin d’être un souvenir heureux pour moi, il représente également ce que l’on aime dans ce sport.

Cinq ans après l’ouragan Katrina, la Nouvelle-Orléans peut fêter le premier Super Bowl de l’histoire des Saints. Une franchise qui aura été considérée comme maudite dans les années 1970. Alors qu’elle enchaînait les défaites sous la houlette d’un quarterback nommé Manning. Ce quarterback n’était autre qu’Archie Manning, le père de Peyton et d’Eli.

Robin Legrand

Rédacteur spécialisé dans l'AFC South.

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