Mon souvenir de Super Bowl : Seattle Seahawks-New England Patriots (Super Bowl 49)

L’interception de Malcolm Butler devant Ricardo Lockette, Source : Mark J. Rebilas-USA TODAY Sports

Jusqu’au 4 février prochain date du 52ème Superbowl, l’équipe de FirstDownFR vous propose de mieux connaître ses rédacteurs en vous proposant leurs récits personnels d’un Super Bowl  qui les a profondément marqué. Alors attention aux avis parfois très personnels de nos rédacteurs et bonne lecture.

Super Bowl 49 : New-England Patriots (28)-Seattle Seahawks (24) par Anthony Colombel.

Tenants du titre, les Seahawks sont attendus au tournant pour cette saison 2014.
Les joueurs de Seattle géreront cette saison avec un bilan de 12 victoires-4 défaites.
Bilan similaire pour les Patriots malgré un départ catastrophique et déjà de nombreuses questions sur la fin de carrière de Brady : plus au niveau selon certains.

Hors du terrain, cette saison sera profondément marquée par l’affaires Ray Rice, running-back des Ravens accusé de violences domestiques avec vidéo qui ne laisse aucun doute sur sa culpabilité.
Autre scandale, Adrian Peterson est suspendu pour mauvais traitement sur un mineur.

Sur le terrain ce sont les Buccaneers qui auront le premier choix, et attendent un certain Jameis Winston, Quarterback de Florida State.
A moins que ce ne soit Marcus Mariota de l’université d’Oregon également lorgné par les Titans avec le second choix.

En post-season, les Seahawks sont faciles vainqueurs des Panthers au Divisional Round, tandis que les Patriots ont du remonter un déficit de 14 points face aux Ravens de Baltimore.
Finalement sortis de la toile tissée par les hommes de John Harbaugh ils affronteront les Colts en finale de conférence.
Ce sont les Packers qui se présentent au Century Link Field en finale NFC.

Deux Finales de conférence bien différentes.

En finale de conférence AFC, les Patriots se sont très facilement imposés face à de prometteurs Colts à l’époque dans ce qui devait sonner comme une passation de pouvoir dans la conférence AFC.
Un match sans suspense qui fera quand même couler beaucoup d’encre avec le scandale du Deflegate qui vaudra à Tom Brady d’être suspendu par Roger Goodell, le commissioner de la ligue, personnage central d’une intrigue qui tiendra jusqu’à la fin de l’été.

Pour les Seahawks, l’histoire aura été bien différente et l’adversité également.
Face aux Packers d’un Aaron Rodgers diminué par une blessure au mollet rien n’aura été simple.
Dans un Century Link Field chauffé à Blanc malgré la pluie qui s’abat sur l’Etat de Washington, les Packers comptaient douze points d’avance au moment du Two minute warning qui ont fondu et une fin de match épique marquée par un onside Kick recouvert par les Seahawks. Puis une victoire en prolongation sur un Touchdown de Jermaine Kearse.

Les Seahawks pour le doublé.

En fan de Seattle, cette finale de conférence  a été penible et j’avoue avoir changé de chaîne à la mi-temps et être revenu pour voir l’ampleur du score au début du quatrième quart-temps dans un moment de dépit.
Un choix que je ne regretterais pas tant cette fin épique m’aura fait vibrer et convaincu que les Seahawks sont l’équipe à émotion de ces 5 dernières années.

Et c’est dans un autre stade de NFC Ouest, au University of Phoenix Stadium que les Seahawks vont tenter de faire tomber les Patriots pour un doublé après le titre acquis la saison précédente face aux Broncos de Manning.
Et cette fois c’est une autre légende qui se dresse face à eux en la personne de Tom Brady.

Chicken Wings et Pestage conte Bein.

Petit rituel du Super Bowl depuis que la NFL fait partie de mes soirées, en sorte de clin d’œil aux Etats-Unis pour un événement qui représente si bien la culture américaine, mon passage vers un fast food et un sceau de chicken Wings avec quelques maïs bouillis pour un repas tardif devant cette rencontre.

Le match s’annonce tendu et vraiment indécis lorsque Bein Sports prend l’antenne pour nous emmener jusqu’au kick-off.
Je ne peux m’empêcher de remarquer que la configuration du plateau est telle que la caméra ne vise que le logo des Patriots.
Un détail pour certains, un soucis pour moi.
Alors quand les chroniqueurs de BeinSports n’ont d’yeux que pour Tom Brady, à juste titre, cela dépend du point de vue je n’en finis plus de pester contre la télévision. 23 ans et me voilà agacé par des commentateurs, seul le sport peut faire cela.

Une fois ces futiles considérations passées, c’est l’heure du coup d’envoi dans un stade où l’électricité semble envahir les tribunes aux prémices d’une rencontre qui s’avérera être un Super Bowl de légende au moins en termes de dénouement.

Premier drive, et première interception pour Brady dans la End-zone pas Jeremy Lane. Première petite joie et il y’en aura d’autres dans la soirée.
Partie remise puisque sur le second drive de son équipe c’est Brandon LaFell qui débloque le score (0-7).
On s’attendait à ce que les Patriots ne perdent pas de temps à rentrer dans le match mais quand même si rapidement, non et cette nuit s’annonce vraiment stressante.
Avec un scénario que je n’apprécie pas vraiment pour l’instant.

Le sourire va très vite revenir quand Wilson trouve Chris Matthews, illustre inconnu et presque héros d’une soirée pour un gros gain avant que Marshawn Lynch ne rentre dans la end-zone pour égaliser (7-7).

Une fin de mi-temps qui sombre dans la folie.

Quatre vingt dix secondes c’est le temps qu’il aura fallu à Tom Brady pour trouver Rob Gronkowski dans la end-zone (7-14).
Mais Russell Wilson ne compte pas repartir au vestiaire en étant mené au score. En 25 secondes, le Quarterback champion en titre trouve Chris Matthews dans la end-zone (14-14).
Le receveur est donc la surprise de la rencontre et la cible favorite de Russell Wilson dans ce match.
Même Bill Belichick ne l’avait pas vu venir celle-là.

Katy Perry à la mi-temps.

Le fameux show de la mi-temps du Super Bowl.
Celui qui fait parler et cette échelle invisible de médiocrité ou au contraire d’émotion que peut être ce show.
On se souviendra des shows de Michael Jackson ou Prince mais également de la bouillie un an après ce match au Levi’s Stadium avec Coldplay chantant la paix lors d’un concert ultra plat à la mi-temps d’un spectacle où 22 joueurs se rentrent dedans.

Cette année c’est Katy Perry au programme.
Une entrée fracassante sur un lion d’argent mécanique et rugissant pour traverser le terrain, l’entrée est réussie.
Le reste est spécial voire Cheap avec des requins qui dansent derrière la chanteuse et autres étrangetés.

Les Seahawks prennent l’avantage.

Steven Hauschka se charge de donner trois points d’avance aux Seahawks (17-14).

Puis vient la seconde interception de la soirée pour Tom Brady.
Cette fois c’est Bobby Wagner qui se met entre lui et son Tight-End.
Quand Doug Baldwin entre dans la end-zone pour donner 10 points d’avance à Seattle, le coeur bat plus fort pour moi et je me mets à envisager un second titre d’affilée pour la franchise (24-14).

Les Patriots sont de retour.

Mais s’il y’a bien une chose que je sais depuis que je regarde la NFL c’est bien que jamais rien n’est gagné lorsque vous avez Tom Brady face à vous et tant que la fin n’a pas sonnée.

Un drive sous pression et une 3&14 où il trouve Julien Edelman.
Un plaquage dangereux d’Earl Thomas sur Shane Vereen et la pénalité permet aux Patriots d’entrer en red-zone.
Lorsque Brady trouve Danny Amendola dans la end-zone pour revenir à trois points mes pensées sont bien différentes d’il y’a quelques minutes et la pression commence à monter (24-21).

Ensuite tout à été très vite dans mon souvenir.

Brady est hors-catégorie.

Cela m’embête de le dire mais Tom Brady est un joueur d’exception.
Fan ou pas, ce joueur a quelque chose de vraiment spécial et quand il s’agit d’être clutch il est le meilleur.

Pourtant opposé à la Légion Of Boom, le Quarterback ne panique jamais et découpe littéralement la défense.
Grâce à un Rob Gronkowski qui a décidé de sortir les muscles et à coup de big plays permet aux Patriots d’avancer.
Je parlais de pression auparavant je vous laisse imaginer, son degré maintenant.
Alors quand Brady trouve Edelman dans la end-zone, ce n’est plus de la pression mais de la décomposition.
Les Patriots sont devants à 2 minutes de la fin (24-28).

C’est pas possible ! A cet instant toutes les excuses sont bonnes pour moi. Ballons dégonflés, AFC trop faible, Patriots douteux.

Impossible d’avouer que le Gronk vient tout simplement de surclasser cette défense et que les Patriots sont une formidable franchise.

Un dernier drive pour l’histoire.

2 minutes à jouer, et Russel Wilson a donc le destin de la franchise entre les mains.
Et Marshawn Lynch au bout des jambes.

Jamie Collins, Linebacker des Patriots s’emploie pour stopper un Lynch lancé à toute vitesse.
Ricardo Lockette fait avancer les Seahawks et les Patriots sont dépassés.

Quand Jermaine Kearse réceptionne une passe de 33 yards de façon magistrale pour une des plus belles réception du Super Bowl à quelques yards de la end-zone : C’est gagné pour Seattle !!
Il n’y a qu’à voir la tête de Tom Brady après la réception pour le deviner. Le futur Hall Of Famer a compris qu’il va pour la troisième fois s’incliner au Super Bowl.

J’exulte, saute, en fait tomber mon cendrier (mauvaise habitude tenace), sourit, me parle tout seul, on a gagné.
Les Patriots sont à terre pour mon plus grand plaisir.

Mon pire souvenir de sport.

La suite, personne ne l’ignore car elle est gravée dans l’histoire.
Marshawn Lynch est arrêté par Dont’a Hightower à 1 yards de la terre promise.

1 yards ! C’est la distance qui sépare Seattle du titre.
Marshawn Lynch ! Un bulldozer taillé pour ce genre de situations.
3 downs ! C’est le nombre de tentatives restantes aux Seahawks.
Victoire ! C’est ce qui était censé se passer.

Pete Carroll et Darell Bevell ne l’ont pas vu de cet œil.

Je revois encore les joueurs se mettre en place pour un pilonnage en règle attendu.
Mais Russell Wilson garde la balle en main, regarde rapidement à droite et lance la balle vers Ricardo Lockette engagé dans un tracé Slant vers la end-zone.

Et l’impensable se produit !

Malcolm Butler surgit de façon autoritaire et passe devant le receveur pour intercepter la balle et mettre un terme à cette rencontre.
Tom Brady n’en revient pas, les Patriots sont champions et le duo Brady-Belichick vient de remporter son quatrième titre.

Certains diront : l’interception du siècle. Moi je dis mon pire souvenir de sport, tant l’action m’a laissé sans voix.

Impossible de récupérer, je suis K.O devant l’écran, une interception qui sonne comme un uppercut bien placé.
Et la même question qui tourne dans ma tête, celle de savoir pourquoi, Pete Carroll a validé ce jeu.

Deux souvenirs de sport m’ont empêché de dormir. Le premier est la finale de la coupe du monde de football en 2006, la seconde c’est bien celui-ci.

Trois ans plus tard, je continue à changer de chaîne quand cette action est diffusée.

Trois ans plus tard, je ne peux m’empêcher de penser à ce match quand je vois Malcolm Butler sur un terrain.

Trois ans plus tard, je n’ai jamais revu ce match, ni même aucun highlights.

Mais en même temps cette rencontre est un souvenir qui restera gravé dans ma mémoire comme impossible à oublier.

Anthony Colombel

Rédacteur spécialisé dans la NFC West.

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