De la difficulté de rester au top d’une année sur l’autre

L’un des principes fondamentaux en NFL est l’idée de parité. En effet, la draft qui permet aux équipes les plus faibles d’une certaine saison de choisir en premier des joueurs sortis du système universitaire et donc théoriquement ayant un niveau de talent supérieur, ainsi que le salary cap qui force toutes les équipes à ne dépenser qu’un montant salarial fixe, et égal entre toutes les franchises, ont été instaurés pour que chaque saison soit une nouvelle opportunité de figurer en meilleure forme que la saison précédente.

Dans les faits, cependant, peut-on véritablement voir un tel effet ?

La particularité de ce sport est que la saison est relativement courte par rapport à tous les autres sports majeurs de la planète. En effet, seuls 16 matches de saison régulière, joués en l’espace de quatre mois, avant un mois de play-offs pour les équipes les plus chanceuses et une inter-saison qui dure plus de la moitié de l’année. Il est donc extrêmement complexe d’observer des tendances d’une saison sur l’autre, tout en sachant que le turnover de l’effectif, c’est-à-dire le taux de remplacement de joueurs entre saisons, est relativement élevé.

Néanmoins, il est intéressant de se pencher sur une statistique relativement simple : les points. On peut plus ou moins jauger de la qualité d’un groupe offensif en regardant le nombre de points marqués, et la qualité d’une unité défensive en regardant le nombre de points encaissés.

Les six graphiques ci-dessous représentent ces deux quantités (d’abord l’attaque, ensuite la défense), et leur évolution d’une année sur l’autre. Ainsi, on s’est attaché ici à représenter le nombre de points marqués (ou encaissés, respectivement) sur la saison N en fonction du nombre de points marqués (ou encaissés, respectivement) durant la saison N-1 (c’est-à-dire la saison précédente).

Les lignes horizontales rouges (et verticales, respectivement) représentent la moyenne des points en NFL sur la saison N (et respectivement, sur la saison N-1).

Par exemple, le tout premier graphique montre le nombre de points marqués en 2018 par les 32 équipes en fonction du nombre de points marqués en 2017. La lecture d’une telle représentation se fait de la façon suivante : le coin supérieur droit représente une attaque prolifique durant les deux saisons considérées, le coin inférieur gauche représente une attaque inefficace sur ces deux saisons, alors que les zones en haut à gauche (et en bas à droite, respectivement) sont caractéristiques d’équipes ayant montré une amélioration de leur attaque (ou une régression, respectivement).

À l’inverse, pour les défenses, les meilleures d’entre elles se trouveront dans les coins en bas à gauche (peu de points encaissés), tandis que les pires seront en haut à droite.

Enfin, la diagonale de régression linéaire bleue, présente en pointillés, est la réponse à la question « peut-on prédire le succès d’une attaque/défense en fonction des performances de l’année précédente ? ».

Au vu des valeurs obtenues, la réponse est un retentissant « pas vraiment ». Les coefficients de corrélation obtenus pour les attaques sont de 8,6% entre 2015 et 2016 ; 2,7% entre 2016 et 2017 ; et 16,7% entre 2017 et 2018. Pour les défenses, ces coefficients sont de 24,3% entre 2015 et 2016, 2,9% entre 2016 et 2017 ; et 12,7% entre 2017 et 2018. Autant dire que si l’on veut prévoir quelles équipes seront performantes cette année par rapport à l’an passé, il est très hasardeux de simplement regarder derrière soi et d’être confiant sur ses intuitions.

Une chose intéressante à noter, cependant. Certaines équipes reviennent fréquemment en bonnes positions, entre 2015 et 2018. Si l’on s’intéresse aux attaques, dans les coins supérieurs droits, on trouve constamment New England (Belichick et McDaniels), New Orleans (Payton), Pittsburgh (Tomlin) et Kansas City (Reid). Quant aux défenses, dans les coins inférieurs gauches on retrouve Minnesota (Zimmer), New England (Belichick), Pittsburgh, et Seattle (Carroll).

Dans une ligue qui prône la parité, on retrouve tout de même très souvent les mêmes noms en haut du tableau, et par extension, bien placés pour le Titre.

Alexandre Thomasson

Rédacteur

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