Le cas D.K. Metcalf

Suite à la publication de notre TOP 64 des joueurs en vue de la draft en Avril prochain, certains parmi vous ont pu se demander où a bien pu passer le monstre athlétique D.K. Metcalf, et si on prenait tous bien nos médicaments pour avoir osé ne pas l’inclure. Et c’est une question légitime.

Le receiver de l’université du Mississippi sera probablement choisi durant le premier tour, certains parlant même de lui comme un potentiel top 10 pick. On aura tous vu les photos de Metcalf torse nu, sorte de Hulk des temps modernes avec un tantinet plus de sourire. Et l’impression visuelle qu’il aura laissée s’est vue confirmée avec la plupart des tests athlétiques auxquels il a pris part durant le combine à Indianapolis. Ses mensurations (taille, poids, envergure, taille des mains) sont, au pire, dans les premiers tiers comparé aux autres receivers/tight ends. Et quand on s’intéresse à son explosivité, il a inscrit à son compteur des scores impressionnants en saut en longueur (3,4 mètres) et en détente verticale (1,03 mètres), et un prodigieux 4,33 secondes pour courir le sprint de 40 mètres. Et c’est sans parler de ses 27 répétitions au banc de développé couché, un score remarquable pour un WR.

Alors nous direz-vous : What the Fuck, les gars ?

Tout d’abord, grâce à mockdraftable.com, nous pouvons essayer de trouver des similitudes entre joueurs étant passés par le combine. Selon nous, voici le profil le plus proche de Metcalf en termes athlétiques :

D.K. Metcalf Percentile Comparaison Percentile
Taille 191,5 cms 87% 193 cms 91%
Poids 103,5 kgs 95% 103,5 kgs 95%
Longeur de bras 88,4 cms 98% 85,1 cms 90%
Taille des mains 25,0 cms 81% 25,9 cms 90%
Sprint 40 yards 4,33 s 95% 4,49 s 57%
Detente verticale 1,03 m 93% 1,07 m 97%
Saut en longueur 3,40 m 97% 3,28 m 90%
3-cone drill 7,38 s 2% 7,07 s 29%
20 yard shuttle 4,50 s 3% 4,34 s 21%
Developpé couché 27 reps 99% 20 reps 89%

Il est important de préciser que nous parlons de similitudes et non pas d’une totale équivalence, vu que Metcalf semble montrer plus de vitesse, mais bien moins de fluidité. Le joueur que nous avons utilisé pour cette comparaison ? Jonathan Baldwin, sélectionné à la fin du premier tour en 2011 par les Chiefs. Ses stats durant sa carrière ? 11 titularisations, 44 réceptions pour 607 yards et 2 TDs.

Ensuite, Metcalf n’aura au final joué à Ole Miss que pour une saison et demie, suite à une blessure au cou reçue durant le match contre Arkansas en octobre. En tout et pour tout, nous avons donc 1070 snaps à examiner durant sa carrière universitaire, la grande majorité venant durant la saison 2017. Ces deux dernières années donc, il aura été ciblé 116 fois, pour un total de 65 réceptions et 1215 yards. Alors ce qui est impressionnant avec Metcalf, c’est que sur ces 65 catches, 12 furent pour un touchdown. De plus, on peut constater une substantielle amélioration dans ses stats, passant de 1,47 yards/route en 2017 a 2,83 yards/route en 2018. Ceci est en partie dû à un changement dans l’attaque d’Ole Miss, grâce au QB Ta’amu, et aussi au fait que 304 des yards de Metcalf en 2018 viennent de seulement 6 réceptions, dont 3 pour TDs. Alors certes, ceci est la manifestation de ses qualités physiques impressionnantes, notamment sa puissance et sa vitesse de pointe.

Mais si on examine les joueurs de cette draft class, et en insistant sur le fait que les drops ne soient pas transposables d’une année sur l’autre de façon totalement stable, Metcalf s’est montré coupable d’un drop rate de presque 10%, ce qui est loin d’être dans le haut du tableau. De plus, la plupart des analyses après le combine se sont concentrées sur ce que Metcalf a fait d’exceptionnel, mais il est tout aussi notable de souligner les deux exercices qu’il a complètement planté (le cone drill et le 20 yard shuttle) qui sont utilisées par les équipes pour juger de la capacité d’un athlète à changer de direction de façon soudaine et fluide. Et force est de constater que Metcalf manque cruellement de fluidité et de souplesse, et qu’indéniablement sa capacite à courir des tracés s’en verra impacté en NFL. Ce qui est un problème majeur, puisqu’en ligue professionnelle, un receiver ne peut pas survivre uniquement grâce à sa puissance mais doit se défaire du marquage des cornerbacks adverses pour augmenter les chances de complétion de passes.

Et c’est quelque chose que Metcalf sait très bien, puisqu’il a choisi d’accentuer sa capacité à gagner des duels contestés : « I see myself as the best receiver in this draft, because I’m a competitor and I’m going to compete every day, … [50-50 balls] Ninety-nine-one balls I call them. The 1 percent I’m not coming down with it, it may be a bad ball by the quarterback ».

En prenant ce parti-là, et sans parler du fait qu’il indique que s’il ne sort pas vainqueur de son duel c’est parce que le quarterback aura lancé une mauvaise balle (ce qui est faux, du moins durant son temps à Ole Miss, comme on l’a vu plus haut), c’est la fondation de son jeu qu’il met en exergue, en ne rassurant absolument pas sur sa capacité à s’améliorer en tant que joueur plus fluide et meilleur coureur de tracés.

Alors certes, pourquoi vouloir qu’un joueur sorte de son registre s’il est excellent dans une zone spécifique ? C’est un argument tout à fait valable. Néanmoins, dans la NFL telle que nous l’expérimentons en 2019, il est de notre avis que ce style de jeu n’est pas compatible avec une place dans notre Top, et encore moins d’un premier tour de draft.

 

(Stats courtesy of Pro Football Focus)

Alexandre Thomasson

Rédacteur spécialisé dans l'AFC East.

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