Succès relatif durant la Draft : Quarterbacks

« Vous voulez des chiffres? Je vais vous en donner, moi, des chiffres. »

Non, ceci n’est pas une citation fameuse d’un film du même métal, pourtant admettons-le, cela pourrait très bien l’être. Une sorte de dystopie, post-apo, dans laquelle les nombres auraient pris le pouvoir.

Mais passons.

Les outils à disposition des fans lorsqu’il s’agit d’estimer les performances des joueurs sont, au mieux incomplets, au pire totalement erronés. L’un des sites prédominants est ProFootballReference, et parmi de nombreuses formules qu’il propose (je vous conseille fortement ANY/A pour les Quarterbacks), il y a AV (Approximate Value). Comme il l’est expliqué sur leur site, AV est « une tentative d’apposer un nombre unique sur les performances saison par saison d’un joueur, depuis 1950 ». La méthodologie est relativement complexe, et dépend grandement de facteurs changeants selon les positions des joueurs, mais les formules utlisentent à la fois le nombre de matches titulaires/remplaçants, les récompenses (Pro Bowls, All-Pro Teams), plus les stats collectées par les joueurs.

Cette sauce secrète (enfin, pas vraiment, les formules exactes étant disponibles pour le public) donne des résultats imparfaits mais a au moins le mérite de donner une excellente forme de constance à travers les différentes époques que le sport a connues.

Toujours est-il que chaque joueur possède sur PFR, un score CarAV, qui représente la simple sommation des AV de chacune de ses saisons. Pour contrebalancer les effets d’anomalies, ils utilisent une autre valeur, le « Weighted » CarAv, qui correspond simplement a la somme de 100% de la meilleure saison du joueur, plus 95% de sa 2e meilleure saison, 90% de sa 3e meilleure saison, et ainsi de suite.

Nous rentrons donc maintenant dans le vif du sujet. L’objectif de cette petite étude était de voir s’il était possible d’observer des tendances en fonction de là où un joueur était sélectionné pendant la Draft. Non pas en termes de choix, mais plutôt d’ordre de sélection par position. Je m’explique :

Historiquement (du moins entre 1999 et 2013, c’est la plage temporelle qui a été choisie), et en moyenne, le premier joueur ayant un certain poste a-t-il plus de succès que le 3e joueur (au même poste) choisi, et peut-on quantifier la différence de niveau.

Avant de partager les résultats, il est important de rappeler que le développement, et les performances, d’un joueur, dépendant grandement de la situation dans laquelle il est drafté (Staff, niveau de talent autour de lui) ainsi que de la Chance (car nul n’est à l’abri de blessures).

Petit point sur les axes. En X, facile, le N-ieme joueur choisi a ce poste (ici, Quarterback). En Y, un peu plus complexe. L’échelle est en pourcentages, avec 100% correspondant à la valeur de WeightedCarAV/An la plus haute, moyennée sur 15 ans (entre les Drafts de 1999 à 2013 donc). Comme il l’a été expliqué plus haut, vu que les formules dépendent des postes considérés, l’échelle de 0-100% permet de mieux visualiser les évolutions. Enfin, les barres d’erreur correspondent aux déviations standards des moyennes calculées.

C’est goûtu, n’est-il pas ?

Alors que peut-on en conclure de tout ce charabia :

Eh bien tout d’abord, que le 1er QB sélectionné a, en moyenne, la carrière la plus fructueuse de tous les QBs considérés. Logique, peut-être, mais il fallait le vérifier.

Deuxièmement, la valeur des barres d’erreur : l’incertitude, c’est-à-dire dans ce cas la variation d’une Draft sur l’autre, est extrêmement importance quand il en vient aux Quarterbacks.

Enfin, on peut noter la chute assez vertigineuse entre les différentes sélections : En moyenne, le deuxième QB sélectionné dans une Draft atteindra 75% du succès du 1er QB. Le 3e, aura 50% du succès du 1er, et ensuite les QBs 5, 6 et 4 (dans cet ordre) n’auront qu’entre 30 et 40% du succès atteint par le 1er QB pris.

Un dernier point avant de vous laisser chopper la boîte d’Ibuprofène la plus proche : cet outil ne se veut pas dans l’anticipation. Si Darnold est choisi en QB1 dans deux semaines, cela ne veut pas automatiquement signifier qu’il aura deux fois plus de succès que Mayfield (s’il était choisi en 3 par les Jets, et si Rosen allait chez les Giants). Il se veut simplement descriptif, dans le sens où, historiquement, la différence de résultats d’un QB à l’autre est, et c’est un euphémisme, non négligeable.

Alexandre Thomasson

Rédacteur spécialisé dans l'AFC East.

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